Trendy Topic : Faut-il parier sur la réalité virtuelle ou la réalité augmentée ?

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Chaque semaine nous abordons la smart fashion sous un angle différent. Cette semaine nous allons parler de la mode et de la réalité virtuelle. FAUT-IL PARIER SUR LA REALITE VIRTUELLE OU LA REALITE AUGMENTEE ?

Quelle est la différence entre réalité virtuelle et augmentée ?

La réalité virtuelle est une expérience immersive totale. Elle se vit aujourd’hui à travers un casque parfaitement hermétique, l’image projetée dans le casque évolue en 3D au rythme de nos mouvements si bien que l’on en oublie l’environnement qui nous entoure réellement. L’expérience est totale et déconnecte l’utilisateur de la réalité. D’abord visuellement puis au fil de l’expérience, émotionnellement.
La réalité augmentée quant à elle, est une technologie combinant, à travers une interface, des données numériques et le monde réel. De nombreuses startups se développent dans le domaine utilisant la caméra d’un smartphone afin de modéliser l’espace et d’y intégrer des données numériques en tout genre.
Contrairement à la réalité virtuelle, la réalité augmentée ne constitue pas une immersion totale avec un casque par exemple. Et même si l’expérience n’est pas aussi « sensationnelle », elle semble plus adaptée aux problématiques du moment et commence à faire ses preuves dans le secteur du retail notamment.

« Faire du shopping à distance sans se tromper » AL. Bergenthal, fondatrice d’Euveka.

En effet « l’AR » répond désormais à des cas d’usage concret. Dans le e-commerce par exemple, la grande problématique concerne l’essayage. Le consommateur risque de retourner son produit car il est parfois difficile de se projeter (la taille ou le fit ne sont pas bon…). Des startups comme Fitle permettent à l’internaute d’entrer ses mensurations et de voir précisément le rendu porté du produit. Sur cette même problématique d’essayage, Euveka est sur le point de sortir son mannequin évolutif et connecté. Selon Audrey Laure Bergenthal, fondatrice d’Euveka, « la réalité augmentée pourra permettre aux utilisateurs de faire du shopping à distance sans se tromper », l’objectif étant d’ « éviter les retours ».
De son côté, la startup Augment dépasse la mode et modélise tout type de produits afin de les afficher en réalité augmentée (objets, meubles…) à travers son portable et les projeter par exemple chez soi grâce à une caméra smartphone, tablette ou ordinateur.

L’AR et la VR séduisent les grands groupes

De grands groupes comme Zara ou encore LVMH y voient une utilité marketing, c’est ainsi que Zara a développé son application AR, celle-ci permet de voir les modèles de vitrines s’animer à travers l’écran de son smartphone. Le dispositif a été déployé sur 120 magasins. Du côté de LVMH, on sollicite la réalité augmentée pour le maquillage avec Sephora et la startup ModiFace, la startup Smart Pixels propose de projeter sur des objets, vêtements ou chaussures des designs évolutifs permettant une personnalisation sans limite.
Dans la réalité virtuelle, le marché du casque est dominé par Facebook et Microsoft. L’Oculus est considéré comme étant le casque le plus abouti, racheté par Facebook en 2014, suivi de près par le Samsung Gear VR. Initialement orientés sur les jeux vidéo, l’expérience offerte par cette technologie a rapidement été sollicitée dans le cadre du retail à l’image des partenariats entre Tommy Hilfiger et Samsung ou encore Topshop et Oculus permettant de retranscrire leurs défilés en boutique.

L’invité

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Impulse : Comment Euveka est-il né ?

 

Euveka : Euveka a été créé le 17/08/2011, j’entendais souvent ma mère et mes amis se plaindre de ne jamais trouver de vêtements à leur taille. Je me suis donc intéressée à la confection de vêtement et j’ai réalisé que les prototypes étaient fabriqués sur des supports en bois rigides et éloignés de la réalité d’un corps humain, c’est pourquoi j’ai eu l’idée de concevoir des mannequins qui s’adapteraient à la morphologie de l’être humain.

 

Impulse : Quel impact, selon vous, la réalité augmentée peut-elle avoir dans la mode de demain ?

 

Euveka : La réalité augmentée pourra permettre aux utilisateurs de faire du shopping à distance sans se tromper. Voir instantanément si un vêtement est bien taillé selon sa morphologie pour éviter les retours de marchandises sera un atout essentiel dans un secteur où l’écoute et la satisfaction client sont primordiales.

 

Impulse : Quel est l’impact de votre solution pour les retailers (augmentation des ventes, trafic en magasin, satisfaction client) ?

 

Euveka : Cette solution a des impacts à très court terme, elle permet de réduire par deux le nombre de prototypes et donc le temps de prototypage et de gâcher moins de matières. Le pilotage du robot est intuitif et facile à comprendre, il facilite grandement les processus de conception. Plus besoin de stocker des stockmans, notre mannequin évolue sur toutes les tailles. De plus à terme, les utilisateurs pourront récupérer les données morphologiques de leurs clients afin de cibler au mieux leurs marchés et contrôler plus précisément leur chaîne de production pour limiter les invendus.
Il permet, en étant à la taille exacte, de mieux présenter le vêtement aussi pour la vente en ligne dans toutes les tailles aidant le client à s’identifier et d’avoir des indications précises sur le taillant.
Il facilite aussi le processus de retouches pour les boutiques de luxe et de sur/semi mesure.

 

Impulse : Avez-vous du faire face à des difficultés majeures au cours de votre vie d’entrepreneur ?

 

Euveka : Etre seule au commencement et débarquer dans un milieu d’ingénieur qui m’était totalement inconnu pour expliquer mon idée, se faire entendre et surtout se faire comprendre, a été très compliqué. Le manque de financement m’a aussi beaucoup ralentie au tout début. J’ai dû sortir un premier prototype avec mes propres financements.

 

Impulse : Avez-vous eu à faire à des personnes réfractaires à l’innovation ? Quels étaient leurs arguments ?

 

Euveka : Au début oui, il y a eu quelques réfractaires, le projet ne décollait pas sur Paris. Les financiers ne comprenaient pas l’utilité du produit et n’avait aucune conscience de la demande et des besoins des modélistes.

 

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