Trendy Topic : les startups, un nouveau management

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Après avoir parlé de l’engouement des millenials pour l’entrepreneuriat, nous nous intéressons à ce que les startups ont changé dans le management tel qu’on le connait.

Les startups réinventent la vie en entreprise en mettant volontairement la désorganisation à l’ordre du jour : Les entrepreneurs sont des disrupteurs-nés, et cette qualité tend à bouleverser les lignes de conduite habituelles !
Mais quelle est donc cette nouvelle forme de management à la sauce startupeur ?

Le management libéré

Certains l’appellent le « management libéré », le « management par la confiance » ou encore « l’entreprise plate ». Ce mouvement se définit par une suppression/extinction/disparition de la hiérarchie, une énorme dose de souplesse, et une autonomie sans limite. Les règles ont changées, l’homme se place désormais au cœur de l’organisation !
Par ailleurs, le manager n’est plus dirigeant d’équipe, mais constructeur de projet. Il ne conduit plus ses équipes, mais interagit au quotidien avec ses associés tout en donnant le scope et les feedbacks attendus pour les projets en cours.
Ce virage novateur dans l’entrepreneuriat change les codes et permet l’affranchissement de certains dogmes peut-être trop longtemps imposés dans la sphère professionnelle.

Nous avons échangé avec l’une de nos startups, Scalia, qui nous donne son point de vue et sa vision sur tous ces changements :

L’invité

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Impulse : Comment s’organise en interne une startup, selon toi ?

 

Scalia :D’un point de vue théorie organisationnelle, ce qui est hyper intéressant c’est qu’on ne gère pas et on n’organise pas une boîte de 1 personne, comme une de 5, 15, 25 ou 72 personnes. Et les besoins de structure, effectivement, ne sont pas les mêmes.

 

Impulse : Est-ce que tous les rôles sont définis? Est-ce que tout le monde à son mot à dire sur tous les sujets?

 

Scalia : On essaye d’avoir une parole très libre. Il faut une certaine souplesse quand on est une startup : on doit pouvoir se challenger, se dépanner, se mélanger, s’entraider. Mais au final, on se rend compte que si l’organisation est bien faite, la personne qui est référente pour cette tâche-là aura le meilleur argumentaire et pourra t’expliquer pourquoi lui a choisi de faire les choses comme ça.

 

Impulse : Quelles sont les difficultés que tu as pu rencontrer avec ce type de management

 

Scalia : Evidemment, il y a toujours des moments de tension, de stress. A partir du moment où tu multiplies les interactions entre les gens, il y a forcément des personnalités qui vont clasher !
Mais nous on n’est que 7, pour l’instant tout se passe bien, on croise les doigts (rire) !

 

Impulse : Est-ce que vous avez des « rituels » pour échanger des informations? (Pauses café? Aller boire une bière…?)

 

Scalia : On n’échange pas la même typologie d’informations au même moment, donc chez Scalia on a pas mal de point de revue hebdomadaires. On me traitera de « réunionite aiguë » mais c’est hyper important ! Chaque rdv est placé à un moment stratégique dans la semaine, et ça ne marche pas trop mal comme ça !
C’est ton taff en tant que manager, c’est-à-dire qu’on est un peu des chefs d’orchestre : Un chef d’orchestre ne joue d’aucun instrument, mais finalement il joue un peu de tous les instruments pour coordonner l’équipe !

 

Impulse : Donc quel est le vrai job d’un CEO ?

 

Scalia : Alors, pour moi le vrai job d’un CEO c’est : posséder, expliquer et partager ta vision, motiver le personnel, le recrutement, la communication externe et la collecte de fonds. Après ça reste théorique car la vérité c’est la compta, la plonge, la paye ! Mais d’un point de vue théorique, pour moi c’est les 5 piliers d’un CEO.

 

Impulse : Selon toi, que vont devenir les managers ?

 

Scalia : Effectivement, on n’a pas du tout envie de reproduire l’espèce de schéma super « top-down » qui semble totalement inefficient. Mais j’ai horreur de dire qu’on est des managers ! Ça veut dire quoi ? Pour moi c’est tout et n’importe quoi à la fois !

 

Impulse : Est-ce que tu penses que la culture startup est le nouveau modèle de management pour les générations Y & Z ?

 

Scalia : Non, les grands groupes seront toujours présents ! Ce n’est pas parce que tu es un grand groupe que tu n’es pas agile comme une startup.
Par exemple, est-ce que Google est encore une startup ? Ils ont démontré qu’on pouvait être absolument énorme et pourtant rester une boîte ultra souple. Donc du coup, qu’est-ce qu’une startup ? Ce mot « startup » est un mot-valise, une startup c’est un mindset !
Ces générations sont nées dans les startups mais elles n’ont pas vocation à seulement rester dans les startups. Pleins de grands groupes & autres groupes non-tech ont aussi mis en place le système de l’entreprise libérée. Et apparemment, les mecs défoncent tout ! Ces mecs-là arrivent à être innovants ! Donc pour moi, c’est ça l’avenir : Ne pas tout limiter aux startups.

 

Impulse : Aurais-tu un conseil à donner aux jeunes futurs entrepreneurs qui souhaitent se lancer ?

 

Scalia : Mon conseil n°1 c’est « N’entreprenez pas en sortie d’école. » C’est un peu dur à dire, un peu cash, mais tous les jeunes sont persuadés qu’ils vont faire du « World a better place » alors qu’ils n’ont pas d’expérience.
Par exemple, une étude a été faite dans la Sillicon Valley : Quel est l’âge moyen du « founder » qui a un « exit successful » ? 41 ans. La vérité c’est que les entrepreneurs sont majoritairement des « darons » qui ont déjà fait 10 ans dans le « real estate » et qui connaissent exactement les besoins, qui vendent leur boite, qui ont du réseau, enfin tout ce que tu n’as pas à 23 ans !
Donc si tu as un profil plus biz dev, vas bosser dans un grand groupe : déjà pour mettre de l’argent de côté, et surtout vas prendre de l’expérience parce que ce sera un peu ton « unfair advantage » quand tu décideras de te lancer!

 

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